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La dyslexie, l'union fait la force!
   
Témoignage Lettre ouverte pour les enfants en difficulté


Lettre ouverte pour les enfants en difficulté

 

Accompagner et soutenir son enfant est une tache passionnante mais ardue.

Accompagner et soutenir son enfant en difficulté devient un combat de chaque instant. Et ce combat se centralise surtout autour de l’école.

L’école est l’endroit où nos enfants passent le plus de temps.

L’école est l’endroit où l’on apprend et où on se prépare à affronter sa vie d’adulte.

La pression sociale est importante et le préalable est bien entendu que Tous les parents souhaitent la réussite de leurs enfants.

 



Le mot de combat peut en choquer certains mais voici notre parcours de parents et celui de notre fils mais aussi celui de nombreuses familles. Là, je parle des DYS (dyslexie, dysorthographie, dyspraxie, …) mais aussi des autres handicaps ou inadaptations.


Le combat, c’est d’abord dans la famille. Avec et contre son enfant. Avec, parce qu’on le soutient. Contre, parce qu’on lui met une pression parfois intolérable pour qu’il reste dans la norme sociale et qu’avant 16 ans, rien n’est prévu.

Le combat, c’est ensuite avec et contre le corps enseignant. Avec, parce que nombre d’entre vous est formidable et laisse une chance à nos enfants. Contre parce certains d’entre vous n’entendent rien, sanctionnent et jugent nos enfants.

Le combat, pour finir, c’est aussi avec et contre l’administration. Avec parce qu’il y a quelques dispositifs qui permettent un accompagnement à peu prés individualisé. Contre parce qu’accéder à ces dispositifs peut s’avérer parfois difficile.


Et quand on combat, il y a la souffrance.

 

La difficulté apparait très souvent dès la maternelle mais elle n’est pas encore identifiée. On nous convoque parce que l’enfant mord, parce qu’il ne se concentre pas, parce qu’il est brouillon,…On a déjà un regard négative de l’enfant. On nous dit «  il faut que votre enfant arrête, sinon… ».Mais que faire? Certains n’hésitent pas à qualifier l’enfant de « limité » et suggérant que la faute revient aux parents.

 

On arrive en primaire. Les difficultés s’accentuent d’année en année. Le corps enseignant n’est pas souvent formé et les enfants avancent en accumulant des carences. En CP, notre fils refusait d’aller à l’école il se cachait, il pleurait, il hurlait. Il a tenté de passer par-dessus le balcon à plusieurs reprises. Il m’est arrivé très souvent de m’effondrer en larmes.

 

Notre fils aussi. Vous savez quand il se dit, « je n’vaux rien », « je n’y arriverai jamais, mettez moi dans un internat pour que je vous laisse tranquille, je sais que je suis un problème »,…. Et oui, on lui demandait, et c’est bien légitime, d’apprendre comme tout le monde. Mais il n’est pas comme tout le monde. Il n’arrivait pas à mettre de sens sur les lettres, les sons,…L’école a commencé à devenir une vraie souffrance.

 

Au collège, les interlocuteurs se diversifient et les enseignants ont tellement d’élèves. Et là voici ce qu’on entend et ce qu’on lit sur les copies :

 

« que vas-tu devenir ? » ; « t’es un bon à rien ?» ; « c’est nul ce que tu as fait » ; « Tu ne fais rien, tu ne travailles pas assez ». Bien sur, il a 4 cours particuliers par semaine. Il travaille dix fois plus que les autres mais on juge qu’il ne fait rien. Il faut des résultats.

On entend aussi, « il ne faut pas aller en bac pro, c’est pour les débiles »….


Et puis, l’enfant n’en peut plus de l’école. Ca le dévalorise, les efforts ne payent pas, la pression est trop forte. Alors il lâche prise et là, on entend ; « il ne fait plus rien », « il n’est pas motivé ». S’il rend un devoir pour une fois bien fait, on lui dit qu’il a copié sur un autre. Bien entendu, on ne peut pas faire confiance à un enfant qui ne travaille pas bien.


Vous vous imaginez aller pendant 12 ans au travail sans comprendre le sens de l’école, le sens des consignes, sans prendre de plaisir et en étant en situation d’échec quasi-permanente. Et on lui demande d’être encore exemplaire en 3ème. Nous avons au moins la chance d’avoir un enfant qui est  très sociable mais tous les enfants ne le sont pas. Alors oui l’enfant se dissipe. Il n’en peut plus…N’est-ce pas légitime ?


Cette lettre n’est pas une remise en question des enseignants ou de quiconque. C’est juste le témoignage de la souffrance vécue par les enfants et leurs parents, soit les familles. Vous avez le regard d’un enseignant et c’est bien légitime. Mais il y a aussi l’autre coté du miroir.

 

Portez un regard, juste une fois, sur ces enfants en vous disant, « c’est vrai qu’ils souffrent » et non pas uniquement en disant, « c’est un branleur, qui ne fait rien et il n’y arrivera pas » Et d’ailleurs qui vous dit que vous avez raison. Pourquoi notre fils et les autres enfants n’y arriveraient pas ?


Alors si les parents ne se mobilisent pas, on dit qu’ils sont démissionnaires.

 

Si les parents sont présents, ils deviennent souvent gênants car ils posent beaucoup de question, imposent parfois la mise en place de PPRE ou autres dispositifs, …, Et là ils commencent à devenir encombrants.

 


Alors que faire ?


Nous savons que votre tache quotidienne est difficile (manque de moyens, de dispositifs, de reconnaissance…) et à ce titre, nous vous souhaitons une bonne continuation.

 




Posté le Mercredi 19 janvier 2011 @ 19:42:39 par apedys

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VALMORIS
176     

VALMORIS
  Posté : 25-01-2011 13:00

c'est tellement vrai !!!! un combat permanent jour après jour

  Profil
MARQUISEDESILES
2  

MARQUISEDESILES
  Posté : 26-01-2011 17:01

Un super article et malheureusement tellement vrai

Une campagne de formation pour les enseignants serait très utile pour apprendre à gérer les problèmatiques des DYS

Maman d'un garçon de 11 ans, je connais le combat de parent d'un enfant DYS et le ressenti de mon fils qu'il faut toujours remotiver


  Profil
Chriss37
3  

Chriss37
  Posté : 28-01-2011 12:39

Bonjour à tous,
Comme la plupart d'entre vous, je suis la maman d'un enfant dyslexique et dysorthographique. Et c'est vrai qu'aider ces enfants dans leur parcours scolaire est un combat, long et difficile. Mais c'est possible!!! Mon fils a aujourd'hui 17 ans, il est en 1ière Sciences et techniques de l'ingénieur, et refuse le tiers temps pour son Bac français en Juin au motif "Qu'il veut être évalué comme tout le monde".
Alors c'est vrai, avant d'en arriver là, que de galères! mais c'est possible, et il ne faut pas abandonner, jamais, parce qu'en dépit de ce handicap, nos enfants sont souvent plutôt plus intelligents que la moyenne et qu'il faut le leur dire et le leur répéter pour leur donner envie de se battre.
Le soutien en orthophonie est nettement insuffisant, dans mon cas, perdue dans un coin de campagne il a même été parfois nul... aujourd'hui, je m'aperçois que ça a peut-être été une chance, car à l'époque la tendance en ré-éducation orthophonique était d'imposer des stratégies de compensation, et je crois que pour chaque enfant, il faut du "sur mesure".
À l'école primaire j'ai eu la chance de tomber sur des instituteurs intelligents qui ont accepté de mettre en place des modalités d'évaluation qui permettent de valoriser les compétences de mon petit bonhomme, si désespéré par ses échecs en français alors qu'il travaillait tant.
Au collège, il a fallu prendre rendez-vous avec chaque enseignant, chaque année, individuellement. Expliquer, ré-expliquer convaincre... avec plus ou moins de succès, d'ailleurs, mais le résultat est là, 1ier de sa classe, dans un établissement réputé pour son exigence, avec 13,5 de moyenne en français.
J'ai eu la chance, je crois, d'adopter une attitude positive, dès le départ. Toujours, j'ai dédramatisé la situation. Combien de fou-rire avons-nous piqués mon fils et moi, en corrigeant un devoir à l'orthographe psychédélique. Je sais que certains d'entre vous, encore au coeur de la bataille, penseront que leur situation est toute différente, mais je vous assure que nous revenons de très loin et que vers l'âge de 8 ans, les productions écrites de mon fils étaient quasiment indéchiffrables, et qu'il a fallu deux longues années d'efforts quotidiens pour qu'il intègre que le français se lisait de gauche à droite.
Bref, courage! Comme dans tout handicap le moral est primordial! Il faut que l'enfant dyslexique s'empare de son problème comme s'il s'agissait d'une particularité qu'il doit compenser et non pas, comme ce qui le définit. En aidant le fils d'une amie qui avait le même problème que le mien, je me suis aperçue que c'est une des clés qui fait la différence entre la réussite et l'échec.

Bonne journée à tous

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Gozette
5  

Gozette
  Posté : 04-02-2011 21:15

Merci j'avais besoin de lire ça !

  Profil
agnes03
3  

agnes03
  Posté : 08-02-2011 14:03

MERCI POUR CE TEMOIGNAGE!!! JE VAIS ME SERVIR DE VOTRE LETTRE...MERCI MERCI.

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