APEDYS
   
La dyslexie, l'union fait la force!
   
Témoignage L'IN-DYS-PENSABLE itinéraire d'un dys

Christophe CHAUCHE

 


Introduction


Est-il fou ou maso pour un dyslexique, dysphasique de vouloir écrire ?


Certainement, mais je prends ce pari fou.

Oui, cela est complètement fou, idiot et stupide de vouloir écrire.


J'ai commencé par écrire des petites phrases, pour des exercices d'orthophonie, ont suivis  des textes pour m'amuser et enfin lors d'un colloque en 2005, j'ai écrit mon parcours.


Écrire sur mon itinéraire, écrire des textes loufoques et absurdes, expliquer  les dys- et leur handicap, cela semble vraiment un peu fou, oui je le reconnais. Mais au fond de moi, plus j’écris plus je le désire .

 

J'avais envie de  relever ce défi insensé, ne sachant pas où j'allais.

Mais j'ose malgré ma dyslexique. Oser dépasser mon appréhension de l'écriture, des fautes d'orthographe. Oser tout simplement.


Mais là, il n'y a pas de limite de temps, il n'y a pas de thème imposé, ni de copie à rendre.

Il y a ma page blanche, l'ordinateur, mon imagination et le temps.


Certes, ce n'est pas de la grande et belle littérature, ce n'est pas le but.


L'important n'est pas là, c'est de m'amuser et de prendre du plaisir à vouloir écrire.

Je fait mienne cette phrase de Mark TWAIN :

 

                             « Ils ne savaient pas que c'était impossible, alors ils l'ont fait. »




Sommaire :


•    Mon itinéraire

•    L'orthophonie

•    Les point positifs

•    Mes difficultés

•    Le pourquoi de mes réussites

•    Mes désirs, mon avenir

 

 

Mon in-dys-pensable itinéraire


   Je suis dyslexique, dysorthographique, dysphasique et dysgraphique. Cela fait beaucoup de choses pour une seule personne mais j’aurai pu être aussi dyscalculique. Je suis atteint seulement de « troubles sévères et complexes du langage oral et écrit ».

  C’est une blessure inconsciente, dont  je ne me souviens pas mais qui est là, comme une trace indélébile. Aujourd’hui, quand je vais dans un hôpital, une peur et une angoisse monte, je suis très mal à l’aise. Quand un bébé pleure ou crie, cela me prend aux entrailles, là aussi une crise d’angoisse me prend.

 

    Je suis né 1971 en région parisienne. Je suis le dernier d’une fratrie de trois garçons. Sur le plan médical, je suis tombé très tôt malade. Je faisais de nombreuses otites dans ma jeune enfance et à l’âge de cinq ou six mois, j’ai été opéré pour une mastoïdite bilatérale. Actuellement, mon audition est relativement normale et je ne ressens qu’une très légère gêne dans les ambiances sonores bruyantes comme lors d’un repas par exemple.

Mes parents trouvent un emploi dans une station de montagne et ma santé s’améliore malgré quelques maladies enfantines classiques (varicelle…). Ma santé s’améliore.


   Mes parents se sont rendus compte de mes difficultés de  langage et de la grande fatigue qu’occasionnaient mes tentatives d’expression orale et surtout de ma maladresse. J’étais difficilement compréhensible, même par  ma famille et je me vexais très facilement face à l’incompréhension de mes proches. C’est  une  source de frustrations et de colères.  Parallèlement à mes difficultés de langage, mon entourage a noté que j’étais malhabile et aussi très fatigable physiquement. Quand je prends un objet, je le laisse tomber sans le vouloir…


Dès la grande section de maternelle

A l’âge de cinq ans et demi, scolarisé en grande section de maternelle, sur les conseils du médecin d’un centre médico-psycho-pédagogique, j’ai passé un bilan complet : O.R.L., orthophonique, psychologique et psychomoteur. A l’issue de ce bilan, il a été conclu, je cite :


« Ce petit garçon aurait intérêt à refaire une année supplémentaire d’école maternelle, car il se heurte à un ensemble de fragilités qui ne peuvent lui permettre une adaptation suffisante au cours préparatoire l’an prochain. (…)

En outre, il est gêné au niveau du langage :

  • par un trouble d’articulation :  « b, d, g » assourdis, « z » non acquis ; « j-ch » ,  « nia-na » ; « ion-iou »
  • par un retard de parole : (inversions, omissions, charabia sur longues fréquences
  • et par un langage encore mal maîtrisé car il a parlé tard du fait de ses problèmes de santé (otites répétées, mastoïdite, ennuis rhino pharyngés…). Néanmoins, on ne relève ni dyssyntaxie, ni agrammatisme, et le vocabulaire est assez étendu et la compréhension satisfaisante. »


Il a aussi été noté que je présentais une grande susceptibilité. Il m’a été conseillé une prise en charge en psychomotricité et en orthophonie. J’ai redoublé ma grande section de maternelle. Mes parents m’ont sûrement expliqué pourquoi, je ne l’ai pas retenu, ni compris mais  je l’ai très mal vécu. Je l’ai ressenti comme une punition. J’avais honte, puisque j’avais une « maladie honteuse » que personne ne voulait me l’annoncer, je me croyais débile !

 

 

 

     Les classes de l’école primaire


L’année suivante, je suis entré au C.P., non sans quelques appréhensions qui se sont malheureusement révélées être justifiées. En effet, les vraies galères ont commencé !

 

  • J’avais un graphisme de mauvaise qualité,
  • J’écrivais en miroir, et de droite à gauche, ce qui était logique pour moi, en tant que gaucher.


Mon institutrice avait le sentiment que je ne travaillais pas et que je le faisais exprès.

Face à cette incompréhension, mes parents ont demandé un changement de classe, qui a été accepté et effectué. J’ai eu  l’impression que la nouvelle institutrice était plus attentionnée à mon égard.

A la maison, la réalisation des devoirs était une galère.  Ma mère perdait patience et je me faisais réprimander, ce qui finissait par me bloquer. C’était un véritable cercle vicieux. Les devoirs ressemblaient plus à combat, à une épreuve de force. Je traînais les pieds pour les faire et je trouvais toujours une excuse pour ne pas les faire. J’avais  peur de me faire réprimander et de me tromper.

  J’avais l’impression d’apprendre une langue étrangère, je ne comprenais rien. Les mots n’avaient aucun sens, - vraie salade composée – ils n’avaient pas de saveur, ni de contenu. On aurait pu me parler en chinois, j’aurais ressenti la même chose.


Durant ma scolarité, j’ai eu droit à des réflexions :

        « Tu es nul, tu n’arriveras à rien ! Tiens encore un zéro ! Heureusement que je me suis arrêté à zéro sinon tu aurais moins 30, tu ne fais aucun effort… ».

J’ai dû avoir aussi des encouragements mais je dois avoir une mémoire sélective.


Je vivais dans la honte, la peur, l’angoisse, l’échec, aussi bien à l’école qu’à la maison à cause de mes mauvaises notes. Je n’avais pas confiance en moi, ni en personne. J’étais persuadé que je ne valais pas grande chose, d’être un imbécile d’être le vilain petit canard. De plus, je craignais de décevoir et de mettre en colère mes parents avec mes mauvais résultats, aussi ai-je très rapidement pris « le réflexe » de leur cacher mes notes et mes cahiers. Ce qui ne faisait qu’aggraver ma situation. Je voulais disparaître me faire tout petit. Et pourtant, mon seul désir était de bien faire de réussir.


Mon malaise atteint une telle ampleur que je m’étais convaincu que mes parents ne m’aimaient pas, qu’ils préfèrent mes frères. Et au final, j’ai même imaginé être un enfant adopté et en ai cherché la trace dans les documents de mes parents.

Mes seuls moments de tranquillité étaient dans ma chambre.


De la classe du CP aux CM2, j’ai vu plusieurs orthophonistes. Je ne comprenais toujours pas mes difficultés et je n’osais même pas poser de questions. Pourtant on m’a dit que j’étais dyslexique. Qu’est-ce que c’est ce truc là ? Une maladie bizarroïde ? Un plat exotique ? J’avais le sentiment que tout cela était une affaire entre adultes : mes parents et les orthophonistes. Alors pourquoi aurais-je dû faire des efforts ?


La fin de mon primaire est marquée par le redoublement de mon CM2, que je vis comme l’accélération d’une spirale d’échecs.

Malgré tout, pendant cette année de redoublement,  je me souviens de l’institutrice comme de quelqu’un de bienveillant et de sensible à mes difficultés. Elle a au cours de cette année toujours essayé de trouver des formulations adaptées, afin de m’éviter de nouvelles situations d’échecs. J’ai ainsi pu reprendre un peu mon souffle et avoir enfin le sentiment de progresser. Ce ci malgré des résultats peu satisfaisants en lecture (4,5/10) et en poésie (2/10), deux matières évaluées, bien évidemment à l’oral !

 

 

     Classes du collège


   A la fin de cette année scolaire du CM2, le directeur de l’école convoque mes parents et moi-même et déclare sans ménagement : « Votre fils n’arrivera pas à suivre une scolarité normale, il faut l’orienter vers une classe spécialisée » ! J’ai pris une énorme gifle morale, tout comme mes parents.  J’intègre alors un cycle technologique, appelé alors C.P.P.N., Cours Pré- Professionnel de Niveau, en classe dite de 3e technologique. Je ne me sentais pas à ma place, d’une part parce que pour une fois, j’avais des résultats scolaires corrects dans les matières générales ; d’autre part, parce que je ne présentais aucune disposition pour la menuiserie, n’étant pas doué pour les activités manuelles, depuis toujours.


    C’est sans doute à cette période que j’ai cessé les séances d’orthophonie. Quel soulagement ! Car j’en avais vraiment assez et je ne pouvais plus les voir même en peinture.

J’étais atteint d’une « orthophonite aiguë » !


Mes parents, au cours de ce premier trimestre en C.P.P.N., se sont alors battus pour me trouver une place en 6e classique dans une classe ordinaire traditionnelle. En janvier, je rentre enfin dans une classe de sixième « normale ». Cette transition s’est fait sans difficulté. Je me suis tout de suite bien intégré à la classe et les enseignants ont dans l’ensemble pris conscience de ma bonne volonté et des efforts que je fournissais. Toutefois, malgré des résultats encourageants, même en français (9/20) et en anglais (13,5/20), je me sentais « mal dans ma peau ».


Je passe en cinquième, bien qu’il me soit signalé que j’ai « des résultats encore hésitants » et que ma « réussite en cinquième dépendra de ma motivation.

Au cours de cette année scolaire, les difficultés commencent à se faire sentir de façon plus aiguë, en particulier dans toutes les matières nécessitant une expression écrite. Je me décourage petit à petit et mes résultats baissent même en mathématiques. Cependant, mon passage en quatrième est effectif, avec le commentaire suivant : « seuls ses efforts personnels pourront lui permettre de suivre en quatrième ».


Je subis les remarques crues et dures de certains de mes camarades de classe, qui avaient bien noté mes difficultés d’élocution et prenaient un malin plaisir à m’imiter.


Au cours de ma quatrième, j’ai très rapidement lâché prise. Je me suis senti essoufflé et ne plus être à ma place dans le système scolaire. Mes angoisses ont commencé et ainsi que mon tabagisme. Je ne trouvais de répit qu’au fond de mon lit ! Mes premiers émois amoureux n’ont certainement pas arrangé la situation pour être complètement honnête. Mes notes sont en baisse dans toutes les matières. En fin d’année, le verdict est clair : « Niveau faible ». J’étais submergé par la trouille d’aller au collège et j’ai fuis dans le rêve pour échappé à la réalité.


Malgré tout, je passe en troisième, avec mes peurs, mes angoisses et mes doutes, je suis de plus en plus mal dans ma peau. Jusqu’à présent, les enseignants étaient attentifs et plutôt bienveillants, malgré quelque remarques humiliantes qui m’ont profondément blessé : « Reste au fond à côté du radiateur » ou encore  « Rendors-toi, je te réveillerai à la fin du cours », lorsque je voulais intervenir à l’oral. J’ai fini par appliqué cette dernière recommandation au pied de la lettre ! Et j’ai baissé les bras.

   Je me suis rendu à l’examen du brevet des collèges avec fatalisme, sachant que j’allais le rater, ayant même presque peur de réussir, ce qui aurait presque été contre nature ! Heureusement, je l’ai raté haut la main ! En effet, à aucun moment, je n’ai envisagé, ni même imaginé que je pouvais le réussir et alors poursuivre mes études dans une filière générale, jusqu’au baccalauréat. D’une façon générale, je ne me projetais pas du tout dans l’avenir, je n’avais aucun projet, ni ambition.

  Durant cette année scolaire, mes parents ont effectué différentes recherches en vue de mon orientation scolaire et professionnelle, conscients de mes difficultés et de mon manque de motivation. Ils ont éliminé de leur champ de recherches, les filières manuelles.

 

        BEP en comptabilité

J’ai retenu leur proposition de faire un BEP en comptabilité, en deux ans, car je ne me défends pas trop mal en mathématiques. Lors de la première année, malgré une classe très chargée, je me sentais plus à ma place et moins en échecs, je commençais enfin à respirer. . Les enseignants sont plus attentifs et même si je découvre un nouvel univers, je sais enfin où je vais, avec un métier à la clef. Je maîtrise bien les matières suivantes : les mathématiques, la comptabilité, l’informatique. Mes points faibles restent : le français, l’anglais et la dactylographie. Dans cette dernière matière, je suis gêné lors de la frappe au clavier : je commets plus de fautes et je suis plus lent que les autres.


Un bilan d’orthophonie : le déclic !

   Cette année-là, mes parents me proposent d’aller faire un bilan d’orthophonie. J’y vais pour leur faire plaisir mais sans grande conviction. Mais surprise ! Je rencontre une orthophoniste attentive qui prend le temps de faire un bilan complet et de m’expliquer mes résultats. Elle m’expose mes difficultés, mais aussi mes points forts. Elle a su alors dédramatiser la situation et surtout me rassurer. Elle a eu une phrase qui m’a marqué : « tu es intelligent et tu vas réussir ». Enfin une projection positive qui m’a permis de bien progresser. Elle m’a aussi enfin donné le diagnostic : je suis dysphasique : « trouble sévère du langage affectant la représentation mentale, orale et graphique »

   Ce fut pour moi, le déclic, je sais enfin quel est mon mal. Je peux mettre des mots dessus, cela m’a rassuré et a tout changé. Ma construction personnelle, à tous points de vue, a réellement commencé à partir de cette date.

En deuxième année, j’ai pris confiance en moi et je veux prendre ma revanche sur tous ceux qui ne m’ont pas fait confiance et m’ont rabaissé. J’étais hanté par la phrase entendue lors de mon redoublement de CM.2 : « Votre fils n’arrivera pas à suivre une scolarité normale, il faut l’orienter vers une classe spécialisée ». Je voulais réussir pour le faire mentir, ainsi  que tous ceux qui avaient pu me dire : « tu n’y arriveras jamais !». J’avais « la haine » et je voulais pouvoir leur « mettre sous le nez » mes diplômes. Je passe le BAFA. C’est ma première réussite, qui me permet de rompre enfin la spirale de l’échec.

Pour l’examen de passage du BEP, mon orthophoniste a demandé un tiers temps. Je l’ai réussi avec de très bonnes notes. Je viens de prouver et surtout de me prouver que je peux aussi réussir « scolairement ». J’étais fier de moi, et je le suis toujours.

 

      BAC professionnel en comptabilité

Mon objectif initial était de passer  un baccalauréat professionnel en comptabilité. Malheureusement, je n’ai pas trouvé  de place, car il y a peu de lycée dans la région qui prépare ce diplôme et mon dossier n’est pas suffisamment bon. Le lycée de mon BEP me propose d’intégrer une classe de 1 ère G (comptabilité). Malheureusement, ce n’est pas la filière que j’avais choisie, je ne suis pas motivé et je baisse les bras très rapidement. Au grand désespoir de mes professeurs et de mes parents, je n’ai pas travaillé de l’année. J’avais 8 de moyenne et je ne pensais plus qu’à faire la fête. A l’issue de cette année, on me confirme mon orientation initiale en baccalauréat professionnel en comptabilité ? Toutefois, la situation n’a pas changé, Puisqu’il n’y a toujours pas de place et que je reste en liste d’attente.

 

        Interne au lycée professionnel à Bordeaux

Lors de la rentrée scolaire suivante, se pose pour moi la question de savoir que faire durant cette année scolaire. Une des solutions est d’avancer l’appel du service national, ce qui ne m’enchante guère. Quand par chance, une semaine après la rentrée scolaire, une place se libère dans un lycée professionnel de Bordeaux. J’intègre enfin la première année du baccalauréat professionnel en comptabilité. J’ai travaillé dur pour réussir, car je ne voulais et ne devais pas perdre cette dernière chance. Je voulais réussir pour ne pas me décevoir, j’en avais fait une question d’orgueil et de revanche personnelle. Bien sûr, je ne voulais pas non plus décevoir mon entourage. Certes, ce n’était pas évident, car c’est la première fois que je pars loin de la maison pour une si longue durée et je ne connaissais personne sur Bordeaux. A mon arrivée, j’étais le seul garçon de l’internat. Ce qui me permet de bénéficier d’un grand privilège : je profite seul de tout un étage du bâtiment ! De plus, si je peux faire mes devoirs dans ma chambre, je peux aussi aller dans la salle informatique quand je veux. Le cadre de l’internat m’a été très bénéfique, car il m’a permis de focaliser mon attention et mes efforts sur le travail scolaire à fournir. Lors de ma deuxième année, j’ai sympathisé avec un membre de l’équipe pédagogique. Nous avons réalisé des sorties en montagne. En fin d’année, j’ai passé mon baccalauréat professionnel en comptabilité, toujours avec un tiers-temps supplémentaire. Je l’ai réussi, moins brillamment que mon BEP, avec une moyenne de 12 sur 20 en note finale.


Pour la première fois, je ressens en même temps de la fierté et un soulagement, celui d’en avoir enfin terminé avec les études.

 

      Service national comme objecteur de conscience

Avant mon entrée dans la vie active, je tenais à m’acquitter des obligations du service national et je m’y étais préparé psychologiquement et pratiquement. En effet lors des trois jours, j’ai choisi d’effectuer mon service national, comme objecteur de conscience. J’ai été affecté sur Lyon dans un foyer pour étudiants, où je m’occupais également de la comptabilité. Cette période m’a permis de souffler et mettre de côté mes difficultés de langage, car bien qu’étant sans cesse dans la communication, je ne subisse pas de pression, il n’y avait pas d’enjeux.

 

         Recherche d’un emploi

La situation a été tout autre, au terme de mes vingt mois d’armée. Je me suis mis à la recherche d’un emploi avec beaucoup de difficultés ; liées sans doute à mon manque de motivation et de maturité. Afin d’être autonome rapidement financièrement, j’ai accepté comme premier emploi un Contrat Emploi Solidarité au service comptable des Hospices Civils de Lyon, pendant un an à mi-temps (1995). Au terme de cette année de travail, étant resté passif quant à ma recherche d’emploi j’ai été un an au chômage. Cette période, douloureuse pour tout un chacun, l’a été tout particulièrement pour moi. En effet, je me suis à nouveau retrouvé confronté à mes démons : l’angoisse de la page blanche à remplir au risque de faire des fautes de syntaxe et d’orthographe, l’angoisse des entretiens d’embauche durant lesquels je perds tous mes moyens, etc.. Les doutes m’assaillent et mes démarches sont chaque jour plus difficile, d’autant plus que je refuse de reconnaître mes difficultés. J’accepte finalement un second Contrat Emploi Solidarité à la M.J.C. de Villeurbanne en comptabilité. C’est à cette période que je prends conscience de mes difficultés et de la nécessité de me prendre en main, traversant une période de remise en question professionnelle et personnelle. Je franchis un premier pas en allant consulter un psychiatre (1997), qui m’avait été recommandé par un ami. Par chance, il est bien au fait du type de difficultés spécifiques que je présente. Ces entretiens me permettent de prendre un peu d’assurance et d’orienter mon exercice professionnel plus vers des contrats en tant qu’intérimaire qui s’enchaînent sans difficulté jusqu’en 2002.

 

      Nouveau suivi en orthophonie

Mais cette année là, j’ai fait une importante crise personnelle, existentielle et relationnelle.

A ma demande et avec le soutien d’un psychiatre, je réalise un bilan complet auprès du Centre de Références des troubles des apprentissages à l’hôpital Edouard HERIOT de LYON. Ce bilan confirme effectivement l’existence de difficultés persistantes. Je décide de reprendre un suivi orthophonique mon seul objectif étant de progresser, sans me mettre de pression d’aucune sorte. Lors des deux années, j’ai effectivement progresser sur le plan de l’oral et de l’écrire.

 

D’intérim en CDD

Sur le plan professionnel, Je passais de mission d’intérim en CDD.

Malgré une insécurité professionnelle, cela m’a permis d’acquérir de l’expérience et de devoir m’adapter rapidement à des postes et situations nouveaux. L’intérim a été aussi une bonne chose ,car je n’étais pas obligé de faire des lettres de motivation et les employeurs pouvaient voir mes compétences directement sur mon CV sans avoir de préjuger sur mes fautes d’orthographe. Les entretiens d’embauche étaient une autre paire de manche car en plus du stress et des difficultés, je devais me vendre, qui est un exercice assez difficile.


Reconnaissance de travailleur handicapé

En 2003, je me décide de demander une reconnaissance de travailleur handicapé à cause de ma dyslexie et dysphasie. Malgré tous les préjugés  négatifs que j’avais sur le monde du handicap. Mais c’est un pari réussi car j’ai pu enchainer des contrats plus facilement et de plus longue durée car j’ai pris le parti d’en parler aux agence d’intérim.


Grâce à cette reconnaissance et par l’intermédiaire de Cap Emploi, j’ai pu intégré la fonction publique d’état ou je travaille comme comptable depuis quatre ans.

 

 

 

L’orthophonie


J’ai eu énormément de séance d’orthophonie depuis l’âge de 6 ans.


Comme je l’ai écrit plus haut, je ne comprenais pas forcement l’origine et ni le problème. Je comprenais que j’avais une difficulté qui s’appelle la dyslexique mais j’avais plutôt honte et j’étais persuadé que j’étais débile, idiot… Je pense que mes parents me l’ont expliqué mais j’ai peu de souvenir.


Dans l’enfance, j’ai eu tellement de séances d’orthophonies que j’ai eu un véritable ras-le-bol. Je saturais. J’aime l’expression d’ « orthophonite aiguë »


Pendant la scolarité, je « subissais » les séances.


A 16 ans, après un bilan, l’orthophoniste m’a expliqué et j’ai mieux compris mes difficultés.

Il y a une phrase qui m’a marqué. Elle m’a dit : « Tu es un garçon intelligent et tu arriveras »

C’est une phrase anodine mais cela rassuré et m’a donné du courage. Je pense que j’étais plus réceptif à ce moment-là et j’avais envie de l’entendre d’une personne étrangère de la famille.

J’ai des vagues souvenirs des séances à proprement parler. Il me semble que j’ai travaillais sur l’orthographe, la grammaire, la lecture et les phonèmes (t/d, ch/j, k/g, b/p…).

J’ai certainement fait des exercices variés mais là, je ne m’en souviens plus.


Lorsqu’en 2003, j’ai décidé de reprendre des séances d’orthophonie après un bilan, j’étais anxieux, car je gardais le schéma des séances de mon enfance. De plus, la situation avait changé, j’étais devenu adulte.

Je ne désirais pas être passif mais acteur.

Il y avait plein de champs de travail comme l’élocution, l’aisance de la parole, l’orthographe…


Comme à cette époque, je travaillais en CDD, j’avais souvent des entretiens d’embauche, des lettres de motivation, mon CV à faire, téléphoner… c’était une base de travail au niveau orthophonique intéressante, car cela me permettait de m’exercer, de me corriger et de prendre de l’assurance sans pression.


Pour l’élocution, j’ai eu l’idée, un peu folle, de prendre les textes de Raymond DEVOS. Pour moi, c’est le genre d’humour que j’aime bien. Il joue avec les mots, les sons, les situations les plus absurdes. Certains textes sont difficiles à lire pour moi. Ces textes mettent bien en évidence là ou j’ai des difficultés et ce sont les exercices avec ces textes qui m’ont aidé à surmonter les obstacles, surtout avec beaucoup d’éclat de rire.


Nous avons fait des exercices plus classique d’orthophonie à l’oral et par écrit.


Comme je fais toujours les mêmes erreurs sur les phonèmes après un exercice, j’ai pimenté un peu en mettant dans la même phrase des mots proches phonétiquement comme « touche-douche ».


En faite, il y a une explication simple. En mettant les mots de sonorité proche, j’arrive mieux à faire la différence entre les sons.


Souvent j’ai du mal à identifier au niveau sonore les son « é » et « è » et à bien l’écrire. Donc, j’ai pris un « mot aide-mémoire » qui a les deux sons. C’est le mot : élève. Cela me permet de bien identifier les deux sons et de quand je veux écrire l’un ou l’autre, je me réfère à ce mot.


Il y a eu également des exercices d’orthographe et de grammaire plus ordinaires. J’avoue que c’est moins ma tasse de thé et je savais que je ne pouvais pas y échapper mais cela m’a paru plus facile et moins rébarbatif que le souvenir des exercices de mon enfance.


Après deux ans  de travail et de collaboration, je peux dire que cela m’a aidé et  permis d’améliorer l’oral et l’écrit même si je fais encore des fautes.


Après 5 ans, je devais renouveler ma reconnaissance de travailleur handicapé. Je suis allé faire un bilan orthophonique afin de pouvoir faire le dossier. J’ai alors décidé de reprendre  des séances. A bout de deux ans de rééducation malgré des progrès. Je constate que j’arrive au bout de la rééducation et qu’une pose s’impose.


Ma dyslexie et ma dysphasie ne disparaitront pas comme d’un coup de baguette magique, même si j’arrive plus ou moins à les maitriser. J’ai pu  faire diminuer ms difficultés mais elles réapparaissent quand je suis fatigué ou en période de stress.

 

 

    Les point positifs

 

     Hommage à mes parents

  Cela serai injuste de ne pas parler des points positifs, de ce que j’ai reçu. Je crois que mes parents ont essayé de m’aider du mieux qu’ils pouvaient avec leurs moyens et les informations dont ils disposaient à l’époque, avec des moments de tensions et d’incompréhension de part et d’autre, mais je pense que dans de nombreuses familles, il y a des moments plus difficiles que d’autres, le tout c’est de  les surmonter. Mes parents ont toujours été là pour aider et me soutenir malgré les conneries que j’ai pu faire. Comme toute personne, j’ai fait des conneries mais certaines n’étaient pas piqués des vers. Je sais que j’ai pu leur causer beaucoup de soucis, surtout pour mon avenir. La perfection n’est pas de ce monde.


Ils en ont pris plein la gueule aussi bien par le monde scolaire et que le monde médical.


Ils se sont aussi battus pour que j’aille jusqu’aux bout de mes études pour que je rentre en sixième par exemple. Ils m’ont aidé financièrement quand j’étais en difficulté financière. Les reproches sont trop faciles mais ils ont été là pour m’aider.  Je voudrais les remercier pour leur soutien et leur présence.

 

   Mes premières lectures

Je ne suis pas un grand lecteur et pour que je puisse lire, ils m’ont offert des livres que j’ai beaucoup aimés. Les aventures du PETIT NICOLAS par exemple, des revues comme « je bouquine » et L’APPEL DE LA FORÊT, VENDREDI ET ROBINSION. Les histoires étaient enregistrées sur cassette. Ce qui me permettaient d’écouter le roman, tout en suivant l’aventure sur le livre. Je me souviens que ma mère me racontait des histoires avant de me coucher ce qui me ravissais.

 

   Raymond DEVOS

Mes parents m’ont fait découvrir involontairement Raymond DEVOS. Ce fut un coup de foudre pour plusieurs raisons. D’abord, quand on l’écoute, on ne peut que rire. Deuxièmement, c’est le voyage dans l’imaginaire et l’absurde. Comme j’ai beaucoup d’imagination, ça ne peut que coller et troisièmement, c’est la découverte du sens des mots et des sons. J’ai découvert les « expressions à double sens » comme « faire son beurre » et jouer avec les homonymes… et quand j’ai commencé bien, plus tard, à lire les textes et les  livres de Raymond DEVOS, j’ai ressenti  du plaisir de lire, «  à déguster la lecture », les mots, les phrases. J’ai pris de plus en plus  de goût à la lecture surtout de livres biographiques comme : « plus fort que la haine » de Tim Guenard, ou les livres de Guy Gilbert, le prêtre des loubards et bien d’autres encore.

 

  Voyages culturels

Lorsque nous partions voir de la famille, nous traversions la France. Ce qui me permettait de parfaire mes connaissances en géographie (département, relief, fleuve…) et lors des vacances nous visitions des châteaux, des musées.

 

  Hommages aux enseignants

 Il y a aussi des enseignants qui m’ont aidé et soutenu. Je me souviens d’un prof qui nous parlait de « La gloire de mon père » de Marcel PAGNOL avec une telle passion et un tel plaisir que je ne pouvais ensuite que lire le livre et j’ai pris du plaisir.   J’ai lu ensuite  «Le château de ma mère » bien vu et merci. La découverte « des fourberies de Scapin » de Molière et de « Knock » de Jules ROMAINS a été un délice.  Une des histoires que j’ai d’abord entendue et que j’ai relue plusieurs fois c’est « Le petit prince » d’Antoine de St Exupéry.

   J’aimais aussi ces cours d’histoire géo où le prof nous contait ou nous racontait l’histoire de telle façon qu’à  la fin du cours  la classe voulait qu’il reste pour savoir la suite. Oui, j’ai eu des profs passionnants qui donnaient envie de travailler et d’aller de l’avant.

 

  Mes réussites personnelles

J’ai aussi des réussites dans ma vie. Tout abord mes diplômes dont je suis fier : mon BEP et mon Bac Pro en comptabilité, le BAFA (brevet d’aptitude au fonction d’animateur) qui fut mon premier diplôme et enfin l’AFPS (attestation de formation aux premiers soins). J’ai eu des réussites professionnelles.

 

L’importance de l’ordinateur

L’ordinateur est un excellent outil pour moi, lorsque je veux écrire. Tout d’abord à cause de mon  mauvais graphisme, les personnes qui désirent me lire ont beaucoup de mal à déchiffrer mon écriture et resquent d’avoir une mauvaise opinion de moi.


La deuxième raison est que grâce au traitement de texte et au correcteur d’orthographe, mes fautes d’orthographe sont considérablement diminuées. Seul les fautes d’accord et de grammaire persistent.


Lorsque j’étais aux chômage, c’était également un outil très utile pour la recherche d’emploi comme faire mon CV, les lettres de motivation, rechercher et répondre aux annonces par mail. C’est un moyen rapide est efficace. Grâce à cela, je pouvais obtenir un entretien d’embauche dans la journée.


« Etre éducateur, c’est tirer vers le beau. »


Il y a une phrase de Tim Guénard dans « Tagueurs d’espérance » que j’aime beaucoup et qui est juste. (même s’il n’a pas connu son père) : « être parent, c’est être éducateur ; et être éducateur, c’est tirer vers le beau. ».

Cette phrase n’est pas réservée aux parents mais à tous les éducateurs. (enseignants, entraineurs sportifs, professeurs de théâtre, de musique…)

Je crois aussi qu’elle n’est pas destinée qu’aux éducateurs mais également au   monde du travail. Les chefs d’entreprises et les cadres ont un rôle d’élever les employés vers le plus beau.

Cette Intuition là, je la ressentais depuis longtemps, mais je n’ai jamais su l’exprimer.

Je crois qu’en valorisant, et en  trouvant les dons de chaque personne et en l’encourageant, chacun peut donner le meilleur de soi.

J’ai rencontré des personnes durant mon parcours qui ont su m’aider et me valoriser.


J’aime et j’ai soif d’apprendre. Je n’ai pas de sujets particuliers que j’affectionne , tout m’intéresse.

J’ai toujours soif de connaissances. Je fait mienne cette phrase de Marcel PAGNOL dans le château de ma Mère : « Il ne faut jamais perdre une occasion de s’instruire ». Je trouve que cette phrase est juste car je n’aurais jamais fini d’apprendre.


« Le lièvre et de la tortue ».

Il y a deux textes qui m’accompagnent depuis de nombreuses années qui m’ont aidé et qui m’aident encore.

C’est le fable de La Fontaine du « Lièvre et de la tortue ». Malgré tes difficultés, même avec ta lenteur tu peux aller jusqu’aux bout mais à mon rythme.

Je le lis comme un encouragement : « Vas ton bonhomme ton chemin, ne te décourage pas. » Voilà ce que je retiens de ce texte.


L’autre texte est le Cancre de Jacques PREVERT qui à chaque fois que je le lis, me réchauffe le cœur et m’encourage et que je dédie à tous  les mauvais élèves.

     Mes difficultés


   Sentiments d’ injustice, de honte,  de culpabilité,

Pendant longtemps, je me suis posé la question « pourquoi suis-je dyslexique ? C’est trop injuste. »

Cette notion d’injustice même si elle est moins forte, elle reste encore plus ou moins présente.

J’ai encore honte d’être dyslexique, de n’avoir qu’un Bac Pro en comptabilité et de ne pas avoir plus de diplômes.

Avec le sentiment d’injustice et de honte, il y a ce sentiment de culpabilité. Coupable d’être diffèrent, coupable de ne pas être parfait et performant, coupable de ne pas pouvoir de ne pas être diplômé…


Aujourd’hui encore je manque de confiance en moi, je suis quelqu’un d’anxieux et d’assez susceptible.

J’ai tendance à me sous-estimer.


J’ai tendance à me mettre la pression tout seul pour prouver que je peux réussir malgré la peur de l’échec.

J’ai du mal à accepter le jugement, les critiques. J’ai du mal à accepter le regard des autres.

J’avoue que j’ai encore honte d’être dyslexique, dysphasique surtout dans le monde du travail.


J’ai tendance à me refermer sur moi-même.


Pour moi, à tord ou à raison, je suis persuadée que  la société me demande  d’être performant, productif, compétent, fort, et  d’atteindre la perfection. La société bannit  la faiblesse et l’erreur .

En un mot, je « mets la barre très haut  » ! .


J’ai deux tendances soit nier mes difficultés ou bien jouer au petit Caliméro en disant que c’était trop injuste. J’avoue qu’il y a des regards, des propos qui me blessent encore. Mais j’ai des encouragements aussi. Un jour que je doutais de mes capacités et de mes compétences. Une de mes collègue m’a un peu engueulé en me dissent : « arrêtes, tu es compétent et intelligent. » C’était un électrochoc positif. Cela fait du bien à entendre.


Mais hélas, j’entends encore quelques moqueries, ce qui me met en colère.  Je réagis soit je les « enfouis » et je ressens un sentiment d’ amertume et de  tristesse, car j’ai du mal à dire ma colère et je baisse les bras. Soit je réagis de façon désordonnée et disproportionnée comme une cocotte-minute qui explose, alors mon entourage ne comprenne pas forcement ce qui m’arrive.


J’ai quand-même eu des compliments, des encouragements, des félicitations mais comme je n’y suis pas habitué, cela me met mal à l’aise et je reste sur mes gardes.  Je pense que mon manque de confiance en moi est dû à mon passé. Je pensais effacer mes mauvais souvenirs, mes peurs comme on le ferait en s’aidant d’une baguette magique ou comme lorsqu’on efface les documents d’un ordinateur. Mais cela ne se passe pas comme ça ! Je dois apprendre à vivre avec, à les accueillir et à les accepter.

 

Le scoutisme


    Dans ma jeunesse, j'ai été scout. J'ai beaucoup aimé cette période. Le scoutisme m'a permis de m'ouvrir sur ce qui  m'entoure, de me dépasser, de respecter et de m'ouvrir aux autres et de respecter la nature. Le scoutisme m'a permis de vivre en groupe.


Afin de m'ouvrir aux autres je fais parti de « Foi et Lumière ».


    « Foi et Lumière » est un mouvement œcuménique pour aider les personnes handicapées mentales et leurs familles. Les personnes sont entourées par leurs familles, frères et sœurs et des amis pour vivre des temps d'amitié et de partage, de fête, de célébration et de fidélité.


    J'ai beaucoup appris en approchant des plus faibles que moi.  Ils m'apportent beaucoup. Tout d'abord, ils m'ont fait découvrir l'intelligence du cœur. Ce qui me permet de mieux comprendre la phrase de St Exupery dans le Petit Prince : « on ne voit bien qu'avec le cœur. L'essentiel est invisible pour les Yeux »


    Ce que j'aime, c'est qu'ils ne sont pas là pour juger, ils n'ont pas d'apriori. La relation est vraie. Il n'y a pas de faux semblant, ni de calcul.

    Les personnes handicapées m'accueillent tel que je suis. Elles ne demandent pas si je suis compétent ou pas. Elles demandent juste de l'amitié vrai et de l'Amour.


    J'ai appris que toute personne est sacrée. C'est une question d’apprivoisement mutuelle. Et en même temps, elle me révèle mes propres limites, mes propres manques. Elle permet d'accueillir et d'accepter mes faiblesses, d'apprivoiser mes propres peurs, mes blessures. C'est très désarmant et déstabilisant mais cela me permet aussi de me construire, de lâcher prise et de me réconcilier avec moi-même. Elle a autant besoin de moi, que moi j'ai besoin de lui.


    C'est l'histoire du film « intouchable ». Une histoire d'amitié où les barrières tombent et ils ont besoin l'un de l'autre pour se reconstruire mutuellement.


    Mais je souhaite aller de l'avant avec ce que je suis et utiliser cette faiblesse comme force constructive autour.


    Jean VANIER dans « la source des larmes » : «Dans la mesure où nous refusons de regarder notre vérité, nous maintenons une cassure à l'intérieur de nous même. Dans la mesure ou nous acceptons nos blessures, nous entrons dans le chemin de l'unité ; et c'est de l'unité que jaillit la fécondité » Et il ajoute : « Chacune de nos blessures, chacune de nos fragilités, tout ce qui en nous est cassé, toute notre peur d'être rejeté, de ne pas avoir de place. Toute notre difficulté à vivre peuvent devenir source de vie... ».


    En méditant sur ces phrases, de plus en plus, je pense que cette approche est source de fécondité et d'Amour dans ma vie et la vie des autres.

 

 

Le pourquoi de mes réussites


J’ai essayé de comprendre pourquoi j’ai eu des réussites dans ma vie malgré les obstacles. Il y a eu des gens qui m’ont aidé mais  pas seulement. Je pense qu’il y a une part qui me revient.


Je crois que la première chose, c’est que je suis intelligent, car j’ai oublié d’être idiot. (cela fait du bien de s’envoyer des fleurs de temps en temps)


Je crois que si j’ai réussi, c’est aussi parce j’ai une volonté féroce, une rage de réussir. Face aux phrases assassines et aux moqueries, il y a cette volonté de prouver que je suis capable. Je me dis que ce n’est pas une fatalité. C’est une manière de leur dire : « tu me prends pour un idiot, certes, j’ai des difficultés, je ne suis pas brillant mais regarde, ce que j’ai fait. ». Et quand on me dit que c’est  impossible, que je n’y arriverai pas. Par esprit de contradiction, j’essaye. Je ne dis rien mais je prends le temps de rassembler mes forces, je prends le temps de le faire et je le fais. Et quand je réussis, tout à d’abord, je suis fière de moi et ensuite, je vais les voire pour leur montrer.


Est-ce que je suis rancunier ou ai-je l’esprit de  vengeance ?


Je dirais plutôt un certain amour-propre, même mon estime de moi est  assez faible.


J’ai une revanche à prendre dans la vie,  ce qui ne m’a pas forcément aidé, une certaine revanche par rapport aux personnes soi-disant intelligentes qui me méprisent. C’est aussi pour  pouvoir leur montrer que  l’idiot n’est pas si bête qu’il en a l’air et que l’imbécile n’est pas forcement celui que l’on croit. Oui, je crois que je suis rancunier.  Oui, j’aimerais me venger. Quand je parle de vengeance, ce n’est pas en leur faisant du mal mais en réalisant des objectifs qu’ils ne pensaient pas que je puisse  faire. Je peux surprendre les gens à faire des choses. Ce que j’aime, c’est de lire l’étonnement sur leur visage quand je leur dis ce que je viens de réaliser quelque chose qu’ils ne s’attendaient pas. A ce moment-là, il reste sans voix et cela me faire marrer.


Mais surtout, je suis quelqu’un de très susceptible et à fleur de peau. Je suis quelqu’un de très sensible.


Mais cette colère dont je parlais plus haut, me fait réagir de façon positive et me donne la force d’avancer, cette colère est un booster. J’ai toujours eu un sursaut d’orgueil pour me remettre en mouvement et c’est à cette instant là que je me mets en route pour un but et je prends tous les moyens pour y arriver.


J’ai peut- être une tête de mule aussi. Quand je ne veux pas faire quelque-chose, Je ne la fais pas. Je trouve toujours un moyen pour éviter de faire ou bien je  fais mal. Certes, je ne fais pas toujours ce que je veux et parfois je suis bien obligé de le faire et  j’essaye alors de trouver de l’intérêt pour me motiver.

 

 

Mes désirs, mon avenir


Comment je vois mon avenir ? « Devant moi mais derrière moi à chaque fois que je me retourne ! »


Mais plus sérieusement, j’ai envie de me poser et de prendre le temps de vivre, le temps pour moi.


J’ai un travail, j’ai fini mes études,  en même temps, j’ai le désir d’évoluer, de progresser personnellement et professionnellement mais à mon rythme, car maintenant, j’ai le temps.

Je suis conscient que le danger est de me reposer sur mes lauriers, de me replier sur moi-même.


Dans le fonction public, je peux passer des concours en interne. Je peux les passer mais c’est une question de désirs et de motivation, car cela demande de la préparation et de l’investissement. Il y a cette chance aussi de pouvoir découvrir d’autres postes ou de me perfectionner dans mon métier.


Au niveau personnel  j’ai des activités (Foi et Lumière ) mais cela ne suffit pas. Je ne suis pas sportif pour un sous mais je suis curieux et j’ aime apprendre.  Je souhaite trouver une activité qui puisse me détendre et me faire plaisir en même temps.


 Préparer l’avenir, c’est aussi, vivre dans l’instant présent, c’est commencer maintenant.

Surtout, je n’ai vraiment pas envie de me prendre la tête, je veux apprendre à vivre l’instant présent.


J’ai le désir d’acheter une maison ou un appartement et de m’installer à la campagne mais si cela est difficile avec un salaire de fonctionnaire.


J’ai le désir de pouvoir voyager pour découvrir le monde. Je manque peut-être d’ambition mais j’aime les choses simples.


Cela m’arrive de rêver d’être riche et millionnaire, mais que ferais-je de tout cette argent ?


Voyager dans le monde, avoir une maison, le placer et faire partager avec ma famille. Mais après ? Que cela m’apportera-t-il ? Le Bonheur ? J’en doute même si cela y contribue. Mais de toute façon, je préfère rester les pieds sur terre et être heureux avec ce que j’ai.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 




Posté le Mercredi 26 septembre 2012 @ 22:12:59 par apedys

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ArmelB
16   

ArmelB
  Posté : 08-03-2013 07:08

Félicitation,
Voici un récit exhaustif de votre parcours et je sais à quel point sela demande un effort de rédiger son témoignage.


Armel

  Profil
Benjamin
36    

Benjamin
  Posté : 03-04-2013 15:36

Bravo, d'avoir eu le courage d'écrire tout ça, j'ai fait la même chose mais en vidéo pour exprimer tout ça car pour moi tout écrire comme vous c'est pas facile encore ( le lien de la vidéo : http://www.youtube.com/watch?v=R6xa0THos1A&list=UUbsFkor2F0BtiVlvGkL0fgQ&index=1). J'aimerais en faire un vrai film et un témoignage comme le votre est vraiment fort pour essaye d'écrire un film sur nous les Dyslexique, sa serrai du jamais vu et quelque chose de j'espère bénéfique pour nous. La dyslexie pour beaucoup est un handicap même pour nous les Dys mais faut vivre avec et à force de me répéter ça dans ma tête je me suis dis que malgré tous les problèmes que sa entraine, il y a quelque avantage à l'être. Donc on lâche rien à s'entraide à travers des témoignages comme ça, on est pas seul et c'est bien ça l'essentiel. Merci à vous.

Je suis Dyslexique et fier de l'être ! Benjamin

  Profil  www
chezgreg
1  

chezgreg
  Posté : 21-08-2014 11:06

Super témoingnage !
je suis en train de réflechir pour faire le mien
qui est très similaire et très different aussi !
http://www.dyslexie.free.fr/

Bravo !
Si vous êtes toujours sur lyon comme moi
on pourrait même se rencontrer


Greg

  Profil  www
airgat007
190     

airgat007
  Posté : 20-01-2015 10:21

Bonjour à tous les forcenés de la VIE!!...

Vous en êtes un CHRISTOPHE!... Bravo pour ce superbe témoignage plein de détails très intéressants...

Ecrit en 2012, avez-vous pu entreprendre les voyages que vous envisagiez? J'espère sincèrement que oui, bien que les plus beaux voyages ne soient pas forcément ceux qui vous emmènent le plus loin!...

Dans l'attente de vos nouvelles, très sincèrement,

Laurent

  Profil
chrislyon
11   

chrislyon
  Posté : 26-03-2015 09:22

Pour l'instant, j'ai juste voyage en France. Il y a de tellement de beau payage et une bonne gastronomie.

Christophe

  Profil
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